Rencontre avec Amadine Gay, pionnière de la France

Amandine Gay est née sous X le 16 octobre 1984, en France. Née d’un père français et d’une mère marocaine, Amandine a grandi socialisée comme noire et elle est devenue militante pour les noirs.

Elle qui superpose avec brio les titres et identités: universitaire, afro-féministe, comédienne et réalisatrice, s’est confiée à l’équipe de La couleur de l’adoption concernant son histoire personnelle, un honneur pour LCDA. Puisque plutôt que d’orienter l’attention des gens sur son histoire individuelle, Amandine préfère mobiliser leur intérêt sur l’aspect politique de l’adoption.

Pour être une femme résiliente comme aujourd’hui, Amandine a été confronté à des situations d’injustice et de racisme, mais elle a également saisi les opportunités pour créer des espaces  d’expérimentation et de liberté.

Voici quelques bribes de notre rencontre avec Amandine en sol montréalais et des extraits du texte qu’elle a rédigé.

« Mon gros problème n’était pas d’être adoptée, c’était le racisme. À 5 ans j’ai changé d’école, les enfants n’ont pas voulu me donner la main. J’ai toujours su que j’étais adoptée, mais pas que j’étais noire. »

Amandine 2

 

« Mes cousines étaient blondes aux yeux bleus, j’aurais voulu être blonde aux yeux bleus. Même si c’est un stéréotype racial, mon médecin m’a encouragée de jouer au basket, et ça m’a sauvée la vie. »

 

« Tout ce que je vois c’est le verre à moitié vide: je ne viens de nulle part. – Si tu viens de nulle part, tu viens aussi de partout. Cette réflexion me change la vie. Je peux décider de voir le verre à moitié plein. Je peux choisir d’où je viens et qui je suis. »

Amandine 5

 

« Maintenant j’oriente davantage ma militance autour de l’adoption. Aujourd’hui, mon désir est de continuer à partager mon temps entre la recherche et la création. »

 

Voici des liens vers quelques publications d’Amandine en lien avec l’adoption:

1) Diasporic Conversations pour Adoption Today, le premier article en anglais publié d’Amandine. Il s’agit d’une conversation avec Shannon Gibney sur la question raciale dans l’adoption, concernant les Noir.e.s aux États-Unis et en France (lien payant).

2) Deux anniversaires Little Girl Blue ou pourquoi j’ai deux anniversaires, un billet sur le blogue d’Amandine à propos de ses deux anniversaires et un tendre message d’amour à sa mère biologique:

« Je vous raconte tout ça car j’appartiens à ce groupe de personnes pour qui le jour de leur naissance est synonyme d’émotions douces-amères. D’ailleurs, mes parents et moi fêtons le 12 février et je préfère nettement cet anniversaire là. »

 

3) Néné le bourru, un billet sur le blogue d’Amandine dédié à son père.

« J’en ai longtemps voulu à mon père car je n’arrivais pas à accepter que notre relation ne serait jamais ce que j’aimerai qu’elle soit et qu’il ne deviendrait jamais ce que je considérais comme étant le père idéal. »

 

Une pensée sur « Rencontre avec Amandine Gay, pionnière de la France »

  1. J’ai écrit un texte sur l’adoption internationale paru en 2012 chez PUL (Presse de l’université Laval) dans le collectif : « L’identité métisse en question, Stratégies identitaires et dynamismes culturels », sous la direction de Denis Gagnon et Hélène Giguère.
    Amandine Gay, dont j’ai admiré le documentaire hier soir à Genève, peut me contacter pour plus de renseignements, ou consulter le livre paru justement au Canada.
    Titre et introduction :
    Métissage culturel et adoption : coutumes, politiques et variations identitaires, Marie-Andrée Ciprut
    Qu’est-ce que le métissage aujourd’hui, substantif accommodé à toutes les sauces au cours des âges : sucrée, salée, amère, aigre-douce ?… De l’apostrophe méprisante espagnole mestizo à l’étendard libérateur et « diversel » des adeptes du Tout-Monde , il eut son apothéose lors de l’élection de son désormais historique porte drapeau Barack Obama à la Maison-Blanche en 2009. Le dictionnaire Le Robert (2005, p. 596); le définit comme « mélange d’éléments culturels dans un groupe humain (qu’il y ait, ou non métissage au sens de croisement et de brassage ethnique d’une population) ». Le métissage phylogénétique — d’un enfant issu de parents biologiques d’une ou de plusieurs cultures — tient compte des liens de parenté entre les organismes, de leur généalogie (classification, méthode de reconstruction phylogénétique), ou des transformations d’un groupe. Le métissage culturel, lui, concerne l’enfant non biologique issu de deux ou plusieurs cultures semblables ou différentes de celles de ses parents. Vu les multiples combinaisons possibles, nous nous proposons d’aborder ici les caractéristiques et conséquences identitaires du métissage lié à l’adoption, en tant que phénomène socioculturel. Si un père et une mère de culture commune habitent un cadre culturel différent, l’enfant adopté devra négocier avec au moins deux cultures. Même cas de figure s’ils sont de cultures différentes et résident dans l’un des deux pays parentaux. Par contre, s’ils proviennent de deux cultures distinctes et vivent en milieu étranger, l’adopté grandira avec au minimum trois cultures. Il conservera toujours, consciemment ou non, quelque chose de ses origines. Il ne pourra creuser dans son passé que s’il y est encouragé par ses parents adoptifs ou si, adulte, il entreprend des recherches personnelles.
    Adopter c’est s’adapter ? Nous tenterons de répondre à cette question par l’étude de trois vécus d’adoptions observés dans le privé : Célestine, petite africaine de 5-6 ans dans une quête identitaire angoissée ; Clarissa, amérindienne de 7-8 ans ravie de découvrir et d’adopter une culture qui la sort de la misère ; puis Monica, colombienne de 11-12 ans qui traverse une crise d’adolescence exacerbée par son métissage. Ces trois vignettes cliniques illustreront, en milieu étranger, les adaptations culturelle, affective et sociale qu’entraîne le processus de métissage culturel lié à l’adoption d’enfants venus d’ailleurs.

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