Lors du Gala Forces AVENIR tenu au Capitole de Québec le mercredi 4 octobre dernier, Manuelle Alix-Surprenant, cofondatrice et directrice des communications de La couleur de l’adoption, a remporté le prix Personnalité par excellence universitaire. Étudiante à la maîtrise en anthropologie, c’est son implication auprès des personnes adoptées qui a marqué le grand jury.

Sur scène, elle n’a pas manqué la chance de présenter le projet La couleur de l’adoption. C’est en permettant aux personnes adoptées de parler ouvertement de leur histoire et de leurs sentiments envers l’adoption que les barrières tomberont.

Félicitations à Manuelle et bonne continuation avec La couleur de l’adoption!

La capsule de Manuelle Alix-Surprenant, cofondatrice de La couleur de l’adoption, sur les ondes de RDI jusqu’en décembre 2017

 

Manuelle Alix-Surprenant, lauréate du prix Personnalité par excellence, en compagnie de Sébastien Bovet, Chef de bureau et analyste à l’Assemblée nationale de la Société Radio-Canada, et membre du grand jury du concours Forces AVENIR

 

Manuelle Alix-Surprenant reçoit le prix Personnalité par excellence – Universitaire au Gala Forces AVENIR

 

Manuelle Alix-Surprenant en entrevue avec Stéphan Bureau, l’animateur de la soirée

Lundi matin, Renaud et Manuelle, cofondateurs de LCDA ont été invité à l’émission La Matinale sur les ondes de la radio de CIBL 101,5 FM pour présenter le projet de livre La couleur de l’adoption et la campagne de sociofinancement.

 

Suite au succès de la campagne, La Ruche nous a offert l’opportunité de faire rayonner encore plus le projet de LCDA. Nous sommes vraiment fiers d’être associé à La Ruche, plateforme québécoise de financement participatif qui nous a également permis de rencontrer une cellule d’ambassadeurs. Les ambassadeurs sont des entrepreneurs et professionnels qui ont commenté et conseillé la campagne de sociofinancement de LCDA.

En 11 jours, nous sommes déjà à 73% de notre objectif soit, 3 380 $. Près de 50 personnes ont commandé le livre en prévente et plusieurs ont commandé leur jaquette exclusive Portrait (forfait Le Sur mesure et forfait Le Portrait). Il reste maintenant 32 jours à la campagne pour vous procurer votre copie du livre en prévente et encourager ce projet innovant, une première dans la francophonie.

On sait maintenant que le livre LCDA sortira en mars 2018, alors on planifie déjà notre tournée à travers le Québec afin de promouvoir le livre! À notre agenda: salons du livres et conférences, idéalement en compagnie des pionniers!

Pour réaliser cette tournée (au Québec et à l’international), nous avons besoin d’un coup de pouce. Car depuis septembre 2015, Manuelle et Renaud investissent chacun temps, énergie et argent, à la réalisation de La couleur de l’adoption. Pour faire un don à LCDA, on vous invite à participer à notre campagne de sociofinancement du 19 octobre au 30 novembre 2017.

Notre objectif: 5 000$

Le concept est simple: Il suffit de choisir un forfait (entre 10$ et 1 500$) et en retour, vous avez droit à différents cadeaux, soit un livre en pré-vente, une jaquette personnalisée du livre ou une séance photo avec Renaud!

Vous voulez donner, pas recevoir? Pour donner au suivant, nos forfaits incluent sinon la possibilité d’offrir un livre de La couleur de l’adoption à une personne adoptée.

Votre livre pourrait ressembler à ça:

(Jaquettes exclusives Portrait disponibles dans les forfaits Le sur mesure et Le Portrait, exclusivité de la campagne de sociofinancement!)

Réservez la vôtre!

Aidez-nous à réaliser La couleur de l’adoption, un projet humain, touchant et éducatif qui outillera autant les personnes adoptées, les parents adoptants et toutes personnes intéressées par le nouveau visage de l’identité québécoise.

Donnez à la campagne de sociofinancement de LCDA.

Maison d’édition: LCDA s’associe avec Nota Bene

La couleur de l’adoption est ravie d’annoncer qu’elle s’associe avec la maison d’édition Nota Bene pour produire et publier son livre! Nous sommes réellement heureux de collaborer avec une équipe de professionnels passionnés qui ont rapidement saisi la pertinence de LCDA.

Nous avons déjà entamé la production du livre qui sortira en librairie, attention roulements de tambour, dès la mi-mars 2018! Vous n’en pouvez plus d’attendre? Nous non plus! Ainsi, vous pourrez vous procurer votre copie de La couleur de l’adoption en pré-vente grâce à la campagne de socio-financement que nous lancerons sous peu.

Nous prévoyons sinon en 2018 deux lancements (Montréal et Québec) et une tournée à travers la province.

Nous avons vraiment hâte de vous présenter le livre de La couleur de l’adoption et de vous introduire tous les pionniers qui ont généreusement partagé leur histoire et leurs réflexions sur l’adoption! À très bientôt!

Manuelle et Renaud

Rencontre avec Renzo Gagnon, pionnier du Pérou

Renzo a été adopté à 4 ans par une famille du Saguenay-Lac-St-Jean.

Durant son adolescence, Renzo se posait plusieurs questions sur l’adoption, principalement parce que ce sont les autres qui lui rappelaient sa différence. On lui demandait souvent s’il avait envie de retrouver ses parents biologiques.

« À l’époque, ce n’était pas une priorité. Mais aujourd’hui dans le fond, je comprends que je ne me connais pas vraiment. Et surtout je ne sais pas d’où et de qui je viens. Je trouverais cette réponse quand je serai aux sources, au Pérou. »

Renzo, dont l’adoption a été facilitée par les sœurs Giselle et Cristel, ressent beaucoup de gratitude pour la communauté et les Sœurs Antoniennes de Marie.

« Mon histoire est que ma mère souffrait d’une maladie et je me serais égaré dans les rue de Lima. Donc à partir de ce moment, quelqu’un m’aurait porté à l’orphelinat des sœurs religieuses. »

 

« Je pense que je l’ai eu facile car j’ai été adopté et j’ai vécu dans l’abondance. Mais je ne veux pas oublier le fait que je suis né dans un pays du tiers monde. »

Rencontre avec Yaolin Lacroix, pionnière de la Chine

Arrivée à Rouyn-Noranda en Abitibi-Témiscamingue et déménagée à 18 ans à Gatineau pour l’université, Yaolin Lacroix se pose peu de questions sur son adoption et sur son identité. Elle considère que la confiance qu’elle a en elle lui permet de vaincre ces questionnements.

« J’ai des faiblesses mais je ne me demande pas si c’est lié au fait d’avoir été abandonnée; j’ai confiance en moi. Je pense que les personnes qui se questionnent sur leurs origines se cherchent. Peut-être elles ne sont pas capable d’accomplir des choses, elles ressentent un vide. »

Yaolin a préféré marquer son arrivée au Québec car à ses yeux, elle n’avait tout simplement pas de famille avant celle-ci. Elle arbore un tatou bien visible sur le bras, sa date d’adoption dans un triangle.

« Parce qu’on est trois. Moi mes parents. Ma famille est celle que j’ai proche de moi. On est trois, on forme un tout. Ma mère aussi a le même tatou. »

« Certains pensent qu’il n’est pas normal pour un enfant adopté de ne pas se questionner sur son origine. »

Yaolin soutient que la force de ne pas avoir d’histoire et de justement pouvoir créer l’histoire qu’on veut.

« J’ai déjà une histoire. Est-ce que j’ai vraiment besoin d’une deuxième? Si ça arrivait, pourquoi pas. Ça créerait un autre défi dans ma vie! »

Les parents de Yaolin, comme quelques autres parents adoptants, ont décidé de conserver une partie de son nom d’origine.

« Mon nom chinois est Yao Lin Fu. Mes parents ont décidé de coller mon nom ensemble. Je suis contente de savoir que mon nom veut dire « Forêt de jade en colonne ». »

Rencontre avec Jacynthe Laing, pionnière d’Haïti

Jacynthe raconte avec fierté qu’elle est arrivée à Shawinigan, en Mauricie au Québec, car son frère aîné voulait une petite soeur.

« Mon frère, de 6 ans mon aîné, a demandé d’avoir une petite sœur noire. Lui qui est blanc voulait une petite sœur noire qui s’appellerait Jacynthe. »

Contrairement à plusieurs personnes adoptées, Jacynthe connait une partie de l’histoire de sa famille biologique.

« Mon père haïtien est décédé et ma mère se retrouvait veuve avec une dizaine d’enfants. Elle a laissé mon petit frère et moi en adoption mais elle souhaitait que l’on ne soit pas séparés. Ma famille m’a adoptée alors qu’un autre couple, également au Québec, a adopté mon frère. »

Jacynthe et son frère de 360 jours de différence sont toujours en contact. Pas question d’identifier ses frères « vrai frère » et « faux frère ». Pour Jacynthe, ses deux frères sont ses frères.

Récemment, le père de Jacynthe est décédé. Un choc avec lequel composer. Le sentiment d’abandon engendré par l’adoption l’habite maintenant plus que jamais. La perte de repère et la quête d’identité font partie de son processus de deuil. 

« Ce sont mes parents qui ont fait le choix de m’adopter, pas les autres. Mais mon père n’est plus là et je n’ai plus le même sentiment d’appartenance. Je ressens aujourd’hui la différence. »

D’ailleurs, si Jacynthe avait un conseil à donner aux parents adoptants, ça serait d’agir avec le même dévouement pour leurs enfants.

« Le conseil que je donnerais est de ne pas faire de distinction entre les enfants biologiques et enfants adoptés. »

Rencontre avec Marie Charnal, pionnière de la Colombie

« Être adopté… quelque chose de si facile pour certains et si compliqué pour d’autres… »

Marie Charnal a été adoptée à l’âge de 2 ans et demi de la Colombie. Elle qui a été accueillie par une famille française vit maintenant au Québec depuis 2013. C’est le besoin de verbaliser son expérience et de valider ses émotions qui l’ont motivé à rédiger son texte pour La couleur de l’adoption.

 » J’avais besoin que ça sorte, j’avais besoin de m’exprimer, dans aucun contexte. J’ai donc pris mon ordinateur et j’ai écrit. À la base, j’ai rédigé ce texte pour moi. Je l’ai aussi partagé à mon frère et à ma soeur car je voulais voir si les autres ressentaient la même chose aussi. »

« Pourquoi m’a-t-on abandonnée, donnée, vendue, trouvée et finalement adoptée? Pourquoi moi? À ce pourquoi, chacun invente ses raisons jusqu’au jour où la vérité vient se glisser dans notre vie. »

Marie explique que l’abandon est pour elle un geste inévitable de quelqu’un qui n’avait pas le choix. Elle précise qu’on est tous tributaires de nos choix et qu’on ne doit pas être jugé là-dessus. Et que pour elle, il est important que l’abandon ne soit pas la complète définition de son identité.

« Le rejet n’est pas mon identité, ce n’est pas ça qui me définit. »

Marie semble avoir longtemps réfléchi à l’adoption et à ses impacts sur sa vie et ses relations.

« Chacun va vivre son processus à sa manière, facile ou pas. Il reste qu’en nous, l’adoption est toujours là. Nous apprenons à composer avec elle tous les jours de notre vie, à travers le regard des autres, leur opinion, leur critique, leur incompréhension, leur empathie, mais aussi leur amour… »

Plein de sagesse émane des propos de la jeune femme de 25 ans qui a retrouvé sa famille biologique.

« Chacun se bat à sa manière, et c’est là que l’on découvre aussi une grande force qui nous aide à surpasser nos peines, à nous accepter et à nous aimer. Cette force peut nous aider à accepter que ces pièces manquantes du puzzle fassent partie de nous pour toujours et que l’on ne puisse en vouloir à personne. »

Marie continue de se questionner sur la notion d’identité.

« Je suis encore dans le processus.  Quand j’aurai trouvé les réponses à toutes mes questions, Je sais que j’aurais envie de me libérer et de partager mon histoire avec ceux et celles qui chercherons aussi leur chemin à travers l’adoption. Je travaille à ce que ma vie ne soit pas gérée par toutes ces émotions. Qui ai-je été ? Ou plutôt, qui suis-je? » 

Rencontre avec Johanne Thomson-Sweeny, pionnière d’Haïti

Tout comme plusieurs personnes adoptées, Johanne considère que le deuxième chapitre de son histoire personnelle et familiale débute lors de son atterrissage à l’aéroport Mirabel de Montréal.

« Instead of a stork, it was a plane that brought me from Haiti to Quebec to meet my family when I was three years old. »

Johanne est arrivée d’Haïti en 1996 alors qu’elle avait trois ans. Et pour elle qui a grandi dans une famille anglophone établie dans une province francophone, c’est davantage le débat identitaire linguistique qui l’interpelle.

« Plus jeune, je m’identifiais davantage par ma langue que la couleur de ma peau. Pour moi, la question n’était pas de savoir si j’étais noire ou autre, mais bien si j’étais anglophone, francophone ou bilingue. »

Johanne étudie en travail social à l’Université de Montréal et s’intéresse à l’expérience des personnes adoptées qui sont contactées par leur famille biologique. Pour aborder un tel sujet, il faut faire preuve d’une certaine solidité.

« Racism, being stereotyped, ignorance, they have all enabled me to better understand myself, but also to be proud of who I am. Aujourd’hui, je suis plus certaine de qui je suis, de ma place dans ma famille, ma communauté et la société. »

Malgré tout, Johanne souhaite un jour retourner en Haïti. Elle prépare tranquillement mais sûrement son voyage de retour aux origines.

« C’est cette connaissance de soi qui me laisse croire que je suis sur la bonne voie dans ma préparation psychologique et émotionnelle pour mon retour en Haïti dans quelques années pour célébrer mes 25 ans d’adoption. »

Nouvelle identité visuelle de LCDA!

La couleur de l’adoption est bien plus qu’un livre. Le projet est un porte-voix pour les personnes adoptées et la démarche utilisée a permis de créer un véritable réseau de personnes concernées par l’adoption. LCDA est une occasion pour tous de faire des liens entre l’adoption, l’identité, le Québec et le vivre-ensemble.

C’est pour cette raison que LCDA s’est doté d’un logo qui regorge de significations. À vous de forger vos propres interprétations des lettres fusionnées, du passage des couleurs et des points interconnectés!

Un énorme merci à la graphiste Martine Dufour pour sa créativité et son professionnalisme!

 

 

Et puis, qu’en pensez-vous?