Rencontre avec Marie Charnal, pionnière de la Colombie

« Être adopté… quelque chose de si facile pour certains et si compliqué pour d’autres… »

Marie Charnal a été adoptée à l’âge de 2 ans et demi de la Colombie. Elle qui a été accueillie par une famille française vit maintenant au Québec depuis 2013. C’est le besoin de verbaliser son expérience et de valider ses émotions qui l’ont motivé à rédiger son texte pour La couleur de l’adoption.

 » J’avais besoin que ça sorte, j’avais besoin de m’exprimer, dans aucun contexte. J’ai donc pris mon ordinateur et j’ai écrit. À la base, j’ai rédigé ce texte pour moi. Je l’ai aussi partagé à mon frère et à ma soeur car je voulais voir si les autres ressentaient la même chose aussi. »

« Pourquoi m’a-t-on abandonnée, donnée, vendue, trouvée et finalement adoptée? Pourquoi moi? À ce pourquoi, chacun invente ses raisons jusqu’au jour où la vérité vient se glisser dans notre vie. »

Marie explique que l’abandon est pour elle un geste inévitable de quelqu’un qui n’avait pas le choix. Elle précise qu’on est tous tributaires de nos choix et qu’on ne doit pas être jugé là-dessus. Et que pour elle, il est important que l’abandon ne soit pas la complète définition de son identité.

« Le rejet n’est pas mon identité, ce n’est pas ça qui me définit. »

Marie semble avoir longtemps réfléchi à l’adoption et à ses impacts sur sa vie et ses relations.

« Chacun va vivre son processus à sa manière, facile ou pas. Il reste qu’en nous, l’adoption est toujours là. Nous apprenons à composer avec elle tous les jours de notre vie, à travers le regard des autres, leur opinion, leur critique, leur incompréhension, leur empathie, mais aussi leur amour… »

Plein de sagesse émane des propos de la jeune femme de 25 ans qui a retrouvé sa famille biologique.

« Chacun se bat à sa manière, et c’est là que l’on découvre aussi une grande force qui nous aide à surpasser nos peines, à nous accepter et à nous aimer. Cette force peut nous aider à accepter que ces pièces manquantes du puzzle fassent partie de nous pour toujours et que l’on ne puisse en vouloir à personne. »

Marie continue de se questionner sur la notion d’identité.

« Je suis encore dans le processus.  Quand j’aurai trouvé les réponses à toutes mes questions, Je sais que j’aurais envie de me libérer et de partager mon histoire avec ceux et celles qui chercherons aussi leur chemin à travers l’adoption. Je travaille à ce que ma vie ne soit pas gérée par toutes ces émotions. Qui ai-je été ? Ou plutôt, qui suis-je? » 

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