Rencontre avec Jacynthe Laing, pionnière d’Haïti

Jacynthe raconte avec fierté qu’elle est arrivée à Shawinigan, en Mauricie au Québec, car son frère aîné voulait une petite soeur.

« Mon frère, de 6 ans mon aîné, a demandé d’avoir une petite sœur noire. Lui qui est blanc voulait une petite sœur noire qui s’appellerait Jacynthe. »

Contrairement à plusieurs personnes adoptées, Jacynthe connait une partie de l’histoire de sa famille biologique.

« Mon père haïtien est décédé et ma mère se retrouvait veuve avec une dizaine d’enfants. Elle a laissé mon petit frère et moi en adoption mais elle souhaitait que l’on ne soit pas séparés. Ma famille m’a adoptée alors qu’un autre couple, également au Québec, a adopté mon frère. »

Jacynthe et son frère de 360 jours de différence sont toujours en contact. Pas question d’identifier ses frères « vrai frère » et « faux frère ». Pour Jacynthe, ses deux frères sont ses frères.

Récemment, le père de Jacynthe est décédé. Un choc avec lequel composer. Le sentiment d’abandon engendré par l’adoption l’habite maintenant plus que jamais. La perte de repère et la quête d’identité font partie de son processus de deuil. 

« Ce sont mes parents qui ont fait le choix de m’adopter, pas les autres. Mais mon père n’est plus là et je n’ai plus le même sentiment d’appartenance. Je ressens aujourd’hui la différence. »

D’ailleurs, si Jacynthe avait un conseil à donner aux parents adoptants, ça serait d’agir avec le même dévouement pour leurs enfants.

« Le conseil que je donnerais est de ne pas faire de distinction entre les enfants biologiques et enfants adoptés. »

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